Est-ce que j’ai tort de dire à ma fille qu’elle peut se trouver une nouvelle meilleure amie après que la fille que j’ai accueillie chez moi s’est moquée de mon poids à ma propre table, a passé la nuit sous mon toit sans la moindre excuse, et que maintenant mon mari me supplie de la laisser revenir ?
J’ai 38 ans. Mon mari en a 42. Nous avons une fille de 15 ans et un garçon de 11 ans. Notre fille a toujours été mal à l’aise socialement, au point qu’on lui a fait passer des tests pour voir si elle était sur le spectre de l’autisme. Ce n’est pas le cas. C’est juste une grande introvertie de nature. Alors, quand elle s’est fait une nouvelle amie cette année, on était ravis. C’était un pas énorme pour elle.
Il y a quelques mois, elle a invité cette amie (appelons-la Camille) à dîner et à dormir à la maison. On a dit oui. Mon mari a préparé un super repas. On s’est tous mis à table et j’ai demandé à la jeune fille si elle aimait ce qu’elle mangeait. Elle m’a regardée droit dans les yeux et m’a sorti : « Oui ! Votre mari cuisine super bien ! Pas étonnant que vous soyez plutôt ronde. »
Un silence de mort a plombé la pièce. Mon mari a essayé d’en rire et de changer de sujet. Je suis restée là, ma fourchette à la main, pendant qu’une gamine de 15 ans à qui je venais de servir à manger faisait de mon corps le sujet d’une blague. Elle a bien vu qu’elle avait fait une gaffe, mais elle ne s’est jamais excusée. Ni ce soir-là, ni le lendemain matin. Elle a dormi chez moi, a mangé ma nourriture, et est repartie sans le moindre mot d’excuse.
Récemment, ma fille m’a demandé si elle pouvait réinviter cette copine. J’ai dit d’accord, à condition qu’elle me présente d’abord ses excuses. Ma fille m’a regardée comme si je parlais une langue étrangère. Elle m’a dit que c’était du passé et qu’elle ne voulait pas remettre ça sur le tapis. Puis, elle est allée voir son père dans mon dos.
Mon mari est venu me trouver pour me dire que la gamine s’était juste sentie mal à l’aise et avait tenté de faire de l’humour, mais que c’était mal passé. Il m’a demandé de laisser couler pour le bien de notre fille.
Je lui ai répondu que je passerais l’éponge à la seconde où cette enfant assumerait ce qu’elle a dit. Je ne demande pas une déclaration solennelle. J’ai juste besoin qu’une ado de 15 ans comprenne qu’on n’entre pas chez les gens pour manger leur nourriture et insulter leur physique à table.
Et là, il a retourné la situation contre moi. Il m’a dit que c’était moi qui étais bizarre de m’obstiner à exiger des excuses d’une adolescente. Il a dit que notre fille était enfin heureuse et que je faisais passer ma fierté avant sa santé mentale.
Il a ajouté que cette fille était la seule amie que notre fille avait réussi à garder et que j’allais tout gâcher si j’en faisais un drame. Il a osé dire que j’agissais comme une brute rancunière envers une enfant.
Je lui ai rétorqué qu’une brute, c’est une gamine qui me traite de grosse dans ma propre cuisine. Moi, je ne suis que l’adulte qui s’attend à ce qu’elle répare ses erreurs.
Mon mari soutient que je fais souffrir notre fille.
Moi, je trouve ça vraiment étrange qu’un homme adulte s’inquiète davantage de l’agenda social de sa fille que de l’humiliation de sa femme dans sa propre maison. Je trouve ça bizarre qu’une enfant puisse dormir sous mon toit après m’avoir traitée de grosse sans que personne ne pense qu’elle me doive la moindre explication. Je trouve ça sidérant que mon mari m’ait regardée de l’autre côté de la table pendant qu’une inconnue m’insultait, qu’il en ait rigolé, et qu’il me supplie maintenant de me montrer plus mature pour que sa fille n’ait pas à se trouver une nouvelle amie.
Est-ce que j’ai tort de refuser que cette fille repasse le pas de ma porte tant qu’elle ne s’est pas excusée ? Mon mari me donne l’impression d’être le bourreau de l’histoire, tout ça parce que j’impose des limites chez moi.
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