Ai-je tort d’avoir dit à ma femme qu’il n’y a rien de bizarre à ce que j’accompagne ma nièce à l’autel le jour de son mariage, et qu’elle n’a absolument pas son mot à dire là-dessus ?
Ma nièce se marie le mois prochain. Elle a vingt-six ans. Son père est mort quand elle était petite. Ma sœur l’a élevée toute seule et, comme elle m’a beaucoup aidé quand on était gosses, j’ai ressenti l’obligation morale de prendre le relais et de faire figure d’homme de la maison.
Ça fait dix ans que j’envoie de l’argent à ma sœur tous les mois. Ça vient de mon compte personnel, pas de notre compte joint. C’est mon argent et je le dépense comme je l’entends. Ma femme est au courant et on s’est souvent pris la tête à ce sujet, mais elle n’a pas son mot à dire.
On habite à dix minutes de chez ma sœur. J’ai veillé à être là pour chaque étape de la vie de ma nièce pendant qu’elle grandissait. Ma femme et moi, on se dispute à ce propos depuis des années. Elle trouve que je m’implique trop. Je lui ai répondu que ma femme et mes enfants passaient en premier, mais que ça ne m’empêchait pas d’aider aussi ma sœur et ma nièce.
Et voilà qu’aujourd’hui, ma nièce veut que je la mène à l’autel. Ma femme trouve ça bizarre. Elle refuse que je le fasse. Je lui ai dit qu’il n’y avait rien de bizarre là-dedans. Je lui ai dit qu’elle n’avait pas son mot à dire. C’est ma nièce. C’est ma famille. C’est ma décision.
On n’arrête pas de s’engueuler à ce sujet depuis une semaine. Elle passe son temps à me faire passer pour le méchant de l’histoire. Elle dit que c’est déplacé. Elle dit que nos propres enfants se sentent délaissés. Elle dit que l’argent et le temps que j’y consacre prouvent que je tiens plus à la famille de ma sœur qu’à la nôtre.
Je lui ai répondu qu’elle était juste jalouse et complètement pathétique. Je lui ai dit qu’un vrai homme prend le relais quand il n’y a pas de père, et que si elle ne peut pas respecter ça, elle n’a qu’à rester à la maison le jour du mariage.
Depuis, elle pleure et dort dans la chambre d’amis. Je m’en fous. Ma nièce a besoin de moi. Je suis la seule figure paternelle qu’elle ait jamais connue. Ma femme agit comme si je les choisissais à sa place, mais elle est trop égoïste pour voir qu’un homme prend soin des siens. C’est moi le méchant dans l’histoire ?
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